Mai 16 01

Couteau LionSteel TiSpine TS1DR GM

Qui l'eût cru ? Une bonne claque aux préjugés.

  • Currently 5/5

Note : 5/5 (6 notes)

Vous avez toujours voulu un avec une lame d'environ 8 cm, entre le small et le large ? Et aussi solide ? Vous avez bavé pendant des années devant les manches intégraux et le design des Lochsa de Scott Cook ? Vous avez rêvé d'un TnT de Tom Mayo et de son look et de son niveau de finition ? Vous aimez la maîtrise d' dans le traitement du ? Mais tous ces sont inacessibles, trop confidentiels, trop chers ou vendus avant même d'être construits. Alors, il existe une solution pour avoir tout cela tout de suite et sans attendre, sans atomiser le compte en banque.


Il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
Je l'avoue d'emblée : je me suis longtemps fourvoyé à propos de ce . J'avais beaucoup de préjugés sur les transalpins, ayant eu par le passé de mauvaises expériences : jolis designs mais niveaux de finitions insuffisants, dont découlent des usures prématurées.
Ces derniers mois, je suis souvent allé chez Raoul Fioretti, pour voir et toucher du , et surtout pour papoter. Raoul est un conseiller avisé, avec une philosophie du très proche de la mienne. Il m'avait déjà montré ce , en m'en disant le plus grand bien. Plein de mes a priori, j'avais jeté un oeil distrait et m'était dit : "Bôf, c'est de l'italien.." Etais-je donc sot ! D'autant plus que Darksun avait confirmé les qualités de ce fabriquant : ici, et . Mais je trouvais ces un peu complexes à mon goût.


Bon sang ! Mais c'est bien sûr !
Hors donc, l'autre jour, je suis retourné chez Raoul, histoire de causer sur nos thèmes préférés, comme "le prix passe, la qualité reste". D'autres clients étaient là et j'ai écouté Raoul leur parler de ce . Et j'y ai jeté un coup d'oeil plus sérieux.
Et je suis reparti avec un , TS1DR GM. TS pour , 1 pour le premier modèle de la série, DR pour Damas Raindrop et GM pour Gris Mat.


Transalpintlantique.
Ce modèle a été créé par la rencontre de deux personnes, Gianni Pauletta, PDG de , entreprise très familiale, et de Robert Young Pelton, journaliste américano-canadien et un des derniers grands reporters de guerre. Ils disent qu'en rentrant de l'IWA à Nüremberg, dans la voiture, ils en ont parlé et qu'à l'arrivée à Maniago (le Thiers italien), le était dessiné. Il est donc très influencé par les modèles américains.

Quelques mots sur . Comme beaucoup d'autres entreprises coutelières italiennes, c'est plus qu'une affaire de famille, c'est une histoire de famille. Père, fils, mère et épouses y travaillent. Le nom viendrait d'un Lion sculpté dans le métal, fait par un des grands pères. Quant à "RYP", il fait partie d'une profession en voie d'extinction, "reporter de guerre", qui était déjà une activité atypique dans le monde du journalisme, au moment où les rédactions tendent à se réduire comme peau de chagrin. Il a fondé en 2011 DPx Gears pour obtenir le matériel nécessaire à ses équipées.
Enfin, sur ce modèle en particulier, l'acier de la lame est un damas multicouches de Chad Nichols, forgeron américain et producteur de damas bien connu. Mais j'y reviendrai.


Segment.
J'ai des difficultés à catégoriser ce .
, c'est sûr du fait de ses mensurations, Gentleman Folder aussi par la qualité des finitions et la richesse de ses matériaux, même si on est en limite haute car c'est déjà un grand .
? On ne dirait pas mais en fait si, du fait des options techniques retenues. Mais il n'en a pas le look et tous les attendus.


Voilà ce qu'en dit son créateur : "Personne n'avait créé le de Gentleman le plus simple et le plus durable du Monde. Je voulais créer le le plus léger et le plus élégant qui n'ait jamais été fait."
Simplicité et résistance dans le temps, légèreté, c'est déjà du . S'ajoute l'élégance. Etudions-le et on verrra où le placer.

Mensurations.
Je n'ai pas le talent de Darksun pour faire des études  précises et, en plus, je suis feignant. Alors je vous produis un copié-collé des données officielles :

Longueur totale : 195 mm. - 7.68 in.
Longueur de lame : 85 mm. - 3.35 in.
Epaisseur de lame : 3.5 mm. - 0.14 in.
Poids : 100 gr. - 3.53 oz.
Matière du manche : Titanium
Acier : Damascus Inox Chad Nichols

Au doigt mouillé, avec activation du pifotron, un de moins de 20 cm avec une lame de 8,5 cm, c'est très bon. Surtout que le tranchant utile est de 8,5 cm aussi (ça, je l'ai mesuré). C'est donc totalement optimisé pour les ratio de manche/lame/tranchant pour un poids de 100 gr.
Le premier critère de RYP est rempli : c'est léger. Et c'est plat : l'épaisseur du manche est de 1 cm, même s'il s'élargit vers l'arrière de deux milimètres. Mais attaquons le manche.

Monobloc.
C'est, naturellement un des gros "plus" de ce : le manche est taillé dans un bloc unique de 6Al4V comme le Lochsa. Avantages immédiats : c'est ultra-rigide et la visserie disparait. Il y a la vis du pivot et la vis du stop pin. Point à la ligne.
C'est donc un gain de poids et de fiabilité, sans compter l'aspect esthétique : le manche est épuré.


Tout au fond de la cavité, ils ont laissé les traces de la fraiseuse, créant ainsi des sortes de "côtes de Genève" comme sur les montres de luxe, mais ultra courtes. Un raffinement caché.


C'est un manche assez linéaire, avec une belle courbure, qui devient plus haut vers l'avant pour prévenir le glissement de la main vers la lame. La préhension est renforcée par le traitement de surface "fluted" du manche. Le centre de gravité des lignes est situé, approxativement, au point postérieur de l'encoche du manche qui donne accès au thumbhole.

L'ergonomie est parfaite et malgré l'épaisseur du manche assez faible, le "tombe" en main parfaitement quelle que soit la prise. Ce n'est pas le le plus sécurisé mais pour un usage normal ou un peu sévère, c'est largement suffisant.

L'arrière du manche comporte un trou pour y passer une dragonne, ce qui est assez singulier sur un gentleman folder.


Le clip en acier, qui aurait pu être en quand même, permet un port profond car il est fixé au talon du manche, comme sur le PPT ou sur certains William Henry. Le disparait en poche et comme le clip est long sans être trop serré, il fait parfaitement bien son travail de rétention. Le clip porte le nom de la marque et la mention"Italy", libérant le d'une littérature abondante et sans aucun intérêt. Le clip, qui place le en position tip-up, n'est pas réversible. Il devrait donc exister des modèles "gaucher".



L'encoche dans le manche permet un accès facile et intuitif au , l'ouverture et la fermeture sont faciles. J'aime moins le grand espace de découpe du frame. L'élasticité du frame est obtenu par une unique encoche extérieure. En tous cas, ça claque bien et le frame est nickel : j'ai tapé violemment le dos de lame à plusieurs reprises, ça ne bouge pas. Il n'y a pas d'interface en acier fixée sur le frame. Celui-ci semble être trempé, cela se voit à la couleur du et , malgré une surface de contact limitée, il fonctionne parfaitement : aucun jeu vertical, ni latéral. Il n'y a pas non plus de dispositif pour limiter la poussée sur le frame, comme un disque Hinderer mais le clip y participe. Enfin, même en appuyant comme un malade, le frame ne se surengage pas vers la platine opposée.


Tout cela est possible grâce à une fraiseuse à conduite numérique commandable sur quatre axes, selon les informations de . Certes, ce n'est pas de l'artisanal mais ça fonctionne au micron près !

Premier Damas.
Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est la première lame damas dont je me dote !

Je vais essayer de faire court. Le damas, au court des siècles, a été développé pour combiner les différentes qualités des aciers dans une même lame. On gagne de la coupe, de la résilience et de la dureté avec chaque couche. Avec les technologies modernes, notamment les aciers frittés (technologie des poudres, aciers très carburés, aciers inox), on obtient tout cela dans une même couche, sans avoir à faire des sandwiches longs et fastidieux à fabriquer. Reste l'aspect esthétique : le damas est beau, c'est de la broderie d'acier.



La lame est donc en damas inox raindrop (goutte de pluie) de Chad Nichols. Il y a très peu d'informations sur sa composition. C'est un multicouche de AEB-L avec un faible pourcentage de 304. Quand on voit la composition chimique des deux aciers, on ne bondit pas de joie. Ce sont deux aciers très purs mais avec des taux de carbones très faibles : 0,67 % pour le premier et 0,08 % pour le second. Donc cela devrait couper comme un pied de biche. Mais non, le tranchant d'origine est très agressif, c'est parce que le multicouche crée les microdentures que la chimie n'a pas créé. Comme en cuisine, on change les recettes ( vieille cocotte en fonte ou autocuiseur ultra rapide), le goût est souvent le même, à partir du moment où les ingrédients sont d'excellentes qualités et le cuisinier au top !

Pour une fois on dépasse les 7,5 cm de taille de lame qui semblent être la norme des Gentleman folders. Enfin on a une lame qui permet de faire plus de choses avec un tranchant utile égal. A propos de ce tranchant, il est très plat en sortie de boîte, je l'ai rapidemment modifié en tranchant convexe. J'ai donc testé l'aiguisage qui est relativement facile. L'acier est trempé entre 58 et 60 HRC, selon ce qu'on peut savoir par les forums. On obtient des tranchants rasoirs durables sans grande difficulté.

La lame gentillement ventrue est de géométrie drop point avec un faux contre tranchant trapézoidal qui lui donne un aspect presque clip point. Comme pour un , c'est une émouture plate, très haute, qui a été retenue plutôt qu'une émouture creuse. Combiné avec une épaisseur de 3,5 mm, quand même, on obtient un bon compromis de coupe/résistance.


L'arrière de la lame comporte une courte surface crantée pour le pouce qui n'est pas du tout abrasive mais qui fait le job très efficacement.

Comme sur un , on retrouve un "hole" dans la lame, hyper versatile même avec des gants. Sa forme de parallélépipède irrégulier confère une tranquillité à l'aspect, sans altérer l'efficacité.


Le stop pin, d'une dimension moyenne, bloque le talon de la lame qui a une surface plane comme sur les Mayo, à l'inverse des et des PPT, où il y a une encoche sur le talon de la lame qui vient s'encastrer sur le stop pin.


L'axe du pivot est de taille moyenne mais comme le manche est monobloc la rigidité est parfaite. Aussi parfaite que l'ouverture et la fermeture de la lame qui sont très fluides. Cette fluidité est assurée par deux rondelles en téflon de part et d'autre de la lame. Certains auraient préféré des rondelles métalliques. Pour ma part, je n'ai jamais pris en défaut ce type de rondelles sur mes autres (Lespect, Thiel...).

La bille de rétention de la lame est ultra-efficace. Je l'ai secoué violemment, la lame ne bouge pas. Une ouverture malencontreuse semble donc fortement exclue.

Hybride synthétique
Je l'ai ostensiblement sorti au restaurant lorsque la serveuse m'a amené l'entrecôte commandée. Au lieu de s'enfuir en hurlant et en agitant les bras haut dessus de sa tête, la jeune femme m'a dit : "Oh ! C'est beau, c'est quoi ?". L'aspect Gentleman se confirme.

Pas de flipper, ni d'intercalaire de frame, deux vis et c'est tout, pas de roulements à billes qui s'encrasse, c'est une mécanique simplissime : ça, c'est .
Un frame, un pivot et un stop pin de tailles suffisantes sans être surdimensionnés, look pas du tout agressif, il ne rentre pas non plus dans tous les codes du "takeutikeul".

On peut donc dire que l'on est en présence d'un modèle hybride : suffisamment pour soutenir un usage dur à très dur mais pas extrême, et suffisamment gentleman pour "se fondre dans le paysage". C'est un Gentleman et, rien que ça, c'est très fort. D'ailleurs, dans la gamme , il n'est pas classé avec les "folding knives" mais avec les "solid knives".


En fait, je pense que ce est une synthèse parfaite de tout ce qui a fait le succès des les plus célèbres : simple comme un , monobloc comme un Lochsa, ergonomie et design efficaces et simples comme un Mayo, ultra fini comme un Elishewitz.
Ce rassemble tout ce qu'il y a de mieux à des prix très largement inférieurs à ceux des précités. D'autant que le modèle avec une lame en Elmax (excellent acier) est encore moins cher que la version damas.

Ce que j'apprécie le plus :
- monobloc
- mécanique simple et efficace
- ergonomie
- look détendu
- enfin un gentleman folder avec un tranchant assez long
- port profond en poche

Cela faisait très longtemps que je n'avais pas été aussi enthousiasmé par un , celui-ci vaut vraiment le détour car c'est un industriel de niveau "custom". C'est, à mon sens l'une des plus grandes réussites de ces dernières années. a été d'ailleurs récompensé au Blade Show de 2014.

En revanche, je n'ai pas encore assez de recul pour pouvoir le juger dans la durée. Mais je ne manquerai de faire part de mes observations quand j'aurais plus testé la bête.

Et encore merci à Raoul Fioretti.





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Commentaires

1 - Superbe couteau!!!

Darksun Bonjour Guillaume,

superbe couteau et fort remarquable revue.

Merci pour les mentions à mes articles.

Darksun a donné 2 couteaux à Guillaume

 


Darksun | Le Lundi 02/05/2016 à 05:54 | [^] | Répondre

2 - j'ai craqué

Bonjour Guillame,
J'ai craqué, je l'ai commandé mais pas en damas,je malméne un peu mes couteaux, ils ont la vie dure, et je ne veux pas ne pas l'utiliser de peur d'abimer cette superbe lame damas,enfin je te donnerai mon avis apres reception et utilisation, et pourrai le comparer au SEBENZA que j'utilise au quotidien, suberbe revue...  MERCI

Gilles a donné 3 couteaux à Guillaume

 


Gilles | Le Mercredi 04/05/2016 à 09:11 | [^] | Répondre

3 - Très beau couteau pour gentleman

Bonjour, je possède ce couteau depuis quelques années déjà, le l'avais acheté à sa sortie. Il s'agit de la version avec une lame en acier elmax, et manche titane finition bronze mat.
Je ne l'ai pas souvent porté en EDC du fait de sa taille et de son poids qui sont limites pour un EDC (pour moi). Mais il m'arrive de temps en temps de le porter en EDC.

Concernant l'acier elmax, il est a priori assez dur, et il est assez facile d'obtenir en tranchant rasoir, à condition d'avoir les bonnes pierres (diamant et ceéramique pour ma part). Cependant, il m'est arrivé de faire un tout petit éclat sur le tranchant, car j'avais donné un angle un peu trop aigü à l'aiguisage je pense, mais j'ai pu ratrapper cela à la pierre fort heureusement. du fait de son émouture plate, et malgré une épaisseur assez importante, c'est un bon trancheur. J'aime bien le brise-goutte sur le ricasso qui permet de bien aiguiser sur tout le tranchant.

Je l'ai acheté car j'adore ses lignes, tout en courbes continues (surtout en position ouverte). Le design de Pelton me plait beaucoup. Le fait qu'il soit monobloc ajoute un petit plus à la finition.
Cependant, les ajustements sur le mien, après l'avoir utilisé un peu, laissent à désirer. Depuis le début, le frame avait tendance à "coller" au talon de la lame, en lubrifiant un peu le frame ce n'est plus le cas (au graphite), mais suivant la vitesse d'ouverture, l'engagement du frame peut-être incomplet, et il subsiste un jeu non négligeable dans la lame. Il faut dire que le frame n'est pas très rigide, on le sent bouger sous les doigts.
L'équilibrage n'est pas parfait non plus, je le trouve un peu trop sur l'avant ; ici on ressent le poids de la lame.

Malgré cette lame épaisse, et longue, je dirais qu'il ne s'agit pas d'un couteau à qui on va demander de gros travaux, il est certainement moins solide d'un Sebenza 21, c'est surtout du au  framelock qui n'est pas très bien ajusté et qui me parait un peu fragile (le titane n'est pas durci au point de contact avec le talon de la lame) et un peu fin. De plus, si les rondelles en téflon assurent une bonne fluidité du pivot, je doute de leur longévité sur des efforts un peu importants.

C'est un bon couteau pour gentleman, avec un taille limite, mais qui se ratrappe par sa faible épaisseur et sont port très bas grace au clip.

 


Charlie | Le Dimanche 15/05/2016 à 11:11 | [^] | Répondre

4 - Re: Très beau couteau pour gentleman

 Bonjour, j'ai reçu ce couteau il y a maintenant 6 semainnes et je suis entierement d'accord avec Charlie pour les ajustements " fraime qui raccroche et engagemant pas toujours complet"
Je le trouve tout en finesse et trés élégant, esthetiquement je l'aime beaucoup,bonne prise en main,mais désolé Guillaume avec une grosse paire de gants la fermeture est facile mais pas l'ouverture enfin pas rapidement pas instinctive. Je ne regrette pas mon achat " au contraire" et c'est un tres beau et bon couteau "de viile"
pour le boulot plus dur je ne suis pas pret de lacher mon SEB large insingo...

Gilles a donné 2 couteaux à Charlie

 


Gilles | Le Dimanche 12/06/2016 à 19:57 | [^] | Répondre

5 - Encore un délai...

Guillaume Bonjour à tous,

Je n'ai pas encore testé la bête assez longtemps pour avoir un avis plus poussé. J'attends que le temps fasse son oeuvre et surtout d'être dans des conditions adéquates.

Je le porte au quotidien depuis l'article mais j'attends fin juin et une sortie champêtre, pour revenir sur le sujet.

Néanmoins certains propos me surprennent alors qu'un défaut important - que j'ai découvert entre-temps - ne ressort pas...

Bref, j'y reviendrai avec plaisir !

 


Guillaume | Le Lundi 13/06/2016 à 09:05 | [^] | Répondre

6 -

Merci pour cette revue très interessante et m'avoir fais découvrir ce couteau !

Ce couteau est visuellement magnifique et va tres bien avec les autres sur la photo de groupe.

Bravo pour cette aquisition..

Salutations 

 


birdy1962 | Le Mardi 14/06/2016 à 22:06 | [^] | Répondre

7 - On y est !

Guillaume Et voilà, j'ai un peu plus de biscuits pour faire une analyse de ce couteau à l'usage .

Je l'ai utilisé pendant deux mois exclusivement dans toutes mes activités quotidiennes, y compris en plein air - mais gentils, les pleins airs.

Je précise, à toutes fins utiles, que je n'ai aucune action chez aucun fabriquant ou artisan, que je paye mes couteaux et que je ne dois rien à personne.

Je suis resté surpris, voire dubitatif, à la lecture de certains commentaires qui pourraient faire croire à un parti-pris de ma part, ou au mieux, à des affabulations, ou au pire à des mensonges dans mon article.

Plutôt que de répondre à chaud, j'ai préféré prendre mon temps et vraiment essayer ce couteau dans la vie quotidienne. De ce qui a été écrit, certaines choses sont justes mais demandent des précisions, d'autres sont des suppositions et d'autres sont réfutables. A l'inverse deux défauts importants n'ont pas été signalés et je vais le faire.

D'abord, c'est vrai que la taille de ce couteau est la limite haute pour un EDC/Gentleman Folder. Dans un cadre urbain, on ne pourrait pas aller au-delà. Mais en même temps, le tranchant de 8,5 cm est vraiment appréciable, surtout à table !

Ensuite, la très bonne nouvelle, c'est que l'acier damas, s'aiguise facilement, retient le tranchant très longtemps et, finalement, demande peu d'entretien pour des résultats sympathiques :



Je confirme ce qui a été écrit et que c'est un bon slicer même si c'est une émouture plate. La géométrie de la lame est bien gérée, il est à l'aise en cuisine :

 
Sur le modèle que je possède, les ajustements sont absolument nickels. Après une très courte période de rodage, le frame s'engage et se désengage sans aucun heurt. Je n'ai constaté aucun mauvais engagement, à moins de ne pas pousser la lame assez loin. Mais là, c'est l'utilisateur qui est fautif, pas la mécanique et encore moins la vitesse de déploiement. Dans la vidéo qui suit, vous remarquerez qu'au milieu, j'appuie comme un malade sur le frame pour voir s'il y a un jeu vertical et il n'y en a aucun. Notez la fluidité du déploiement et le claquement sec du frame.

 
Effectivement, si on appuie comme une brute au milieu du frame, on sent une très très légère flexion qui est due à la souplesse du titane, ce qui est une des qualités recherchées avec ce métal. Cela n'engage en rien la structure du couteau. Son équilibrage est bon car le centre de gravité se situe idéalement au deux tiers avant du manche comme on le voit sur cette photo :
 


 
Je ne sais toujours pas si le frame est trempé. La couleur de la tête de frame semble légèrement différente, mais ce n'est pas évident :
 


 
Il aurait fallu que je démonte le couteau pour mettre un coup de lime sur le frame pour vérifier. J'ai renoncé à le faire, non par difficulté mais par flemme car je me suis aperçu que l'axe du pivot, quand on enléve la vis, est lui-même vissé dans le manche (information confirmée sur un forum américain). Cela assure une plus grande fermeté de l'axe. Celui-ci peut être serré très fort sans vraiment freiner la fluidité de l'ouverture de la lame, même si cela joue un peu. La structure monobloc assure parfaitement son rôle de maintien.

Le frame n'est absolument pas fragile : il est limité en taille et en surface de contact mais joue parfaitement son rôle pour un EDC/Gentleman Folder. Je doute effectivement qu'il résiste à un bâtonnage sévère mais, en même temps, ce couteau n'est pas fait pour cela. Je confirme aussi que je n'aime toujours pas la large découpe du frame.
 
Comme je le supposais, les rondelles Téflon résistent parfaitement et remplissent leur rôle. Elles me permettent même de laver le couteau en le plongeant intégralement dans l'eau chaude savonneuse. Pas besoin d'huile ou de séchage, ça glisse tout seul. Sur mes autres couteaux dotés de ce dispositif, il en va de même.

Enfin, je confirme : avec des gants, on l'ouvre et on le ferme sans problème. Démonstration :

 
Je le concède, avec des moufles ou des gants de boxe, cela devient impossible.

Venons-en aux défauts.

Avec les mains très mouillées et le couteau trempé, le manche glisse de manière assez désagréable. Une légère humidité passe mais pas le travail dans l'eau.

Second défaut, c'est le clip qui bloque le tissu dans la découpe du frame. Le profil du clip fait qu'il pousse les tissus mous dans le trou et que cela bloque.

 

 
Sur une poche de jean, ça passe comme une lettre à la poste mais pas sur du tissu plus fin comme je le démontre sur ce torchon :

 
C'est assez casse-pied et demande un coup de main pour remettre le couteau en place. Il serait souhaitable d'étudier un clip en titane dont le profil serait compatible avec la découpe du manche.

Au final, qui n'est qu'un début, je confirme mes premières impressions, ce couteau est supérieurement réussi. Il cumule beaucoup d'avantages pour un Gentleman Folder sans être un tactique de la mort qui tue. C'est le chaînon manquant entre les deux catégories.

Moi non plus, je n'irais pas m'échouer volontairement sur une île déserte avec ce couteau, pour cela j'ai d'autres outils. Mais si cela devait arriver, je saurais en tirer le meilleur. J'adore ce couteau qui en supplante bien des autres beaucoup, mais beaucoup, plus chers.

Les conditions météos ont été exécrables ce week-end (une fois de plus) et ce qui devait être une belle sortie de plusieurs jours, s'est transformée en ballades mouillées à épisodes. J'ai pu fabriquer un arc et des flèches pour ma fille, c'était l'essentiel.

 
 

 


Guillaume | Le Lundi 27/06/2016 à 16:48 | [^] | Répondre

8 -

Nicolas

Bonjour Guillaume, ça faisait longtemps !
S'il avait existé à l'époque, j'aurai sans doute acheté le Tispine au lieu du Sebenza 21 : élégant, racé, le manche en drapé de soie et couleurs sans complexe.
J'adore.
Mais primo des causes prioritaires s'imposent à ma collectionnite, deuzio j'ai déjà bien plus de lames que nécessaire.
Dieu qu'il est bon de parler de soi ! je comprends ceux qui rédigent de longues autobiographies !
Bref.
Tout ça pour dire que je n'achèterai probablement pas ce magnifique couteau qu'est le Tispine couleur or à lame elmax - ou bleu électrique à lame fulgurante -, tel un petit papillon lumineux qui volette dans mes songes et que ne chercherai pas à attraper.

 


Nicolas | Le Samedi 09/07/2016 à 08:11 | [^] | Répondre