Fév. 14 28

Emerson Journeyman 2013

Un compagnon sympathique

  • Currently 4/5

Note : 4/5 (3 notes)

Le Emerson Journeyman n’est pas à proprement parlé une nouveauté puisqu’il apparait aux Etats-Unis en 2008 approximativement. Il reste peu connu en dehors des USA pour des raisons de distribution et de prix, l’Europe étant un marché totalement subalterne pour Ernest Emerson.

L’année 2014 devrait être particulièrement riche en matière de tactiques Emerson dans la mesure où pour contourner de lui-même la question du prix et de la disponibilité de ces , Emerson a conclu un accord commercial avec Kershaw pour la production d’une gamme fabriquée en Chine comportant un certain nombre de , dont au moins deux modèles très proche du Roadhouse un des best-sellers de chez Emerson.
 

 

Ces d’entrée de gamme, dont j’espère bien avoir l’occasion de vous entretenir, sont complétés par deux versions du CQC-7B HD Heavy Duty, la version du CQC-7B, avec une version de production avec lame en Elmax et en , et une version limitée avec lame en M390, en et côtes en fibres de carbone le tout chez Zero Tolerance ce qui garantit une qualité de fabrication tout à fait satisfaisante.

Le Journeyman est un utilitaire qui n’a pas été intégré à la gamme des CQC (Close Quarter Combat) pour autant que cette appellation martiale ait une quelconque signification. Il s’agit d’un grand de 13 cm fermé pour 23 cm lame déployée. La structure des Emerson a été modifiée en 2013 par suppression de l’entretoise en G-10 et adoption d’une structure open frame. La masse a donc été globalement allégée. Celle du Journeyman est de 158 grammes soit tout à fait acceptable pour un grand de travail.
 

La ligne générale du est celle d’un utilitaire totalement dépourvue d’agressivité, ce qui est déjà un grand progrès chez Emerson qui a toujours tendance à surjouer sur l’aspect agressif à des fins de marketing.

Sur le plan mécanique le Journeyman reste une mécanique Emerson classique avec deux platines en . J’ai contribué à véhiculer une erreur en indiquant que la platine ne servant pas de liner lock n’était pas en : il s’avère qu’après vérification la signature magnétique résiduelle que j’avais détecté était causé par l’utilisation d’une visserie à tête cruciforme en acier trempé, dont l’erreur est rectifiée. La jonction des deux platines en acier est obtenue à l’aide de 6 vis torx figurant de chaque côté. Cette visserie de diamètre moyen est complétée par un axe de pivot de la lame de fort diamètre associé à un stop pin massif.

La platine servant de verrou Liner Lock possède une épaisseur de 2 mm et la platine opposée est plus proche 1,5 mm. Le verrou s’engage et se retire sans forcer. Le verrouillage de la lame est très solide avec une absence totale de jeu.

Le manche reçoit deux côtes en G-10 de couleur noire avec une texture légèrement abrasive mais autorisant une prise en main très sûre. L’ergonomie du manche est très travaillée comme sur tous les Emerson avec une découpe avant formant un double quillon inférieur qui protège bien la main de l’utilisateur.

L’arrière du manche reçoit aussi une sorte de quillon arrière de forme courbe très efficace. Le manche reçoit deux zones de crantages, la première sur le dessus du manche en complément de la rampe crantée du dispositif Wave d’ouverture par effet de traction mécanique, toujours aussi efficace mais que l’on peut trouver dangereux : l’argument est recevable. Sur le plan technique il est toutefois possible d’argumenter sur le fait qu’il s’agit du seul dispositif d’ouverture automatique de la lame dépourvu de ressort ou d’assistance mécanique à l’ouverture, ce qui peut être fort intéressant dans une situation d’urgence réelle, sans relation avec les poncifs mytho qui viennent polluer le débat.

Le manche possède une épaisseur de 18 mm avec une largeur maximale de 2,9 cm au centre et de 3 cm vers l’arrière du manche avec un maximum de 32 mm vers l’avant au niveau des quillons.La zone de crantage arrière située sur le dessous du mesure 2,7 cm et est usinée dans le des platines et dans le G-10 noir des côtes.

Le clip est le clip noir habituel chez les Emerson, il n’est pas très beau, mais il possède le mérite d’être efficace et discret. On peut déplorer sa position unique.

L’ouverture manuelle de la lame au moyen du Thumbdisk manque totalement de fluidité, mais cela est assez commun sur les munis du dispositif Wave.

La lame possède une géométrie drop point très classique. L’acier retenu est toujours le 154 CM qui offre une excellente prestation. Sa dureté annoncée est de l‘ordre de 58/59 HRC, c’est-à-dire la dureté habituelle chez Emerson.

La lame possède une épaisseur de l’ordre de 3,14 mm pratiquement constante jusqu’à la pointe, elle est donc particulièrement solide. La lame est longue de 95 mm avec une zone coupante de 92 mm.

La lame possède une géométrie en V qui correspondrait normalement à une émouture en creux. Mais Ernest Emerson reste fidèle à son tranchant monoface situé du côté gauche. Ce tranchant a toujours été performant sur mes autres Emerson, celui-ci ne fait pas abstraction à la règle. Le tranchant est puissant et durable, mais on peut choisir de le rendre symétrique en ayant recours aux soins d’un bon coutelier.

La lame possède une largeur constante de 25 mm. La lame possède une finition satinée sur les deux parties symétriques en V, tandis que la partie haute reçoit une finition stonewashed de grande qualité. L’ensemble est visuellement très agréable.

Sur le plan de la finition, des traces d’outils sont bien visibles sur la rampe du Wave et sur le pourtour des platines. Le niveau reste donc très inférieur à celui de et de.



Le prix est aussi un peu trop élevé. Ma démarche est celle d’un collectionneur et peut donc s’accommoder, en connaissance de cause, des imperfections que je connais de longue date. Par contre, une personne à la recherche d’un de travail avec un coût optimisé pourra se tourner vers les Code 4 et Recon-1 de Cold Steel, voire même vers l’Endura de qui reste toujours une valeur refuge pour un usage professionnel.

Ils ont lu aussi :

  • Lion Steel SR-1 A Moletta" title="Couteau SR-1 A Moletta"/> Lion Steel SR-1 A Moletta" class="preview" title="Couteau SR-1 A Moletta" />
  • Lion Spy C157 GTIP" title="Couteau C157 GTIP"/> Lion Spy C157 GTIP" class="preview" title="Couteau C157 GTIP" />

Découvrez l'auteur


Commentaires

1 - Wave

Belle revue qui me donne envie d'avoir un Journeyman pour rejoindre mon CQC-7.
Mais il semble impossible de trouver une version sans le système d'ouverture Wave. Est-ce que ça existe encore ou bien tous les couteaux Emerson sont-ils condamnés au Wave ?

 


patrick_g | Le Jeudi 08/05/2014 à 00:18 | [^] | Répondre

2 - Re: Wave

Darksun  Bonjour,
A ma connaissance il n'existe pas de version dépourvue du système Wave.  Ce qui paraît être une erreur, dans la mesure ou de nombreux utilisateurs n'aiment pas le système Wave. Il convient de dire que l'extracteur cinétique fonctionne à merveille sur le Journeyman alors que sur le Horseman il est défectueux et même dangereux d'après mon expérience personnelle. ..


 


Darksun | Le Jeudi 08/05/2014 à 08:26 | [^] | Répondre